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Alle teksten en illustraties uit het werk van Robert van Gulik
zijn © Erven R.H. van Gulik

“T'oung Pao”, 1937, Vol. 33, pp. 298-300


Nécrologie

Simon Hartwich Schaank

R.H. van Gulik


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299 Le 15 décembre 1935 M. S. H. Schaank, le doyen des sinologues néerlandais, né a Groningue le 23 octobre 1861, décédait après une longue maladie à La Haye, où il s’était retiré après trente années consacrées au service du Gouvernement des Indes Néerlandaises. Durant les loisirs que lui laissait ce service, où il faisait preuve de remarquables aptitudes administratives, il s’était adonné il l’étude approfondie de la langue chinoise. Heureuse combinaison d’homme d’action et de savant, il a bien mérité de l’administration des colonies néerlandaises, ou l’élément chinois forme un contingent si important de la population.

Ayant complété à Delft les études préparatoires pour le Service Civil colonial, il fut envoyé en 1882 à Sumatra’s Oostkust, où il commença l’étude de la langue chinoise avec des immigrants chinois domiciliés en grand nombre dans cette région. Reconnaissant ses talents exceptionnels, le Gouvernement lui accorda un congé en Hollande, ou il poursuivit ses études chinoises de 1882 à 1885, sous la direction du feu le Professeur G. Schlegel, à Leyde. En 1885 il fut envoyé à West-Borneo, région presque uniquement peuplée d’immigrants chinois. A cette époque les kong-si (kong-sseu 公司), associations à peu près autonomes, étaient des éléments de trouble. De par sa profonde connaissance de la vie sociale des chinois, M. Schaank a contribué largement à la pacification de ces contrées. Il fut estimé autant par les autorités néerlandaises que par les immigrants chinois.

Il a publié les résultats scientifiques de ses recherches dans un article intitulé; De Kongsi’s van Montrado (Les kongsi de Montrado, Tijdschrift voor Indische Taal-, Land- en Volkenkunde, 1893). Par la suite il s’occupa de problèmes purement linguistiques. Le fruit de ces études fut un livre excellent sur le dialecte de Lou-foung 陸豐 (Het Loeh-foeng Dialect, Leyde, chez Brill, 1897). L’observation de la langue parlée le conduisit à des recherches sur la phonologie de l’ancien chinois, étude qui peut être considérée comme la part la plus importante de son œuvre sinologique. Placé à un poste isolé, occupé du matin au soir par ses devoirs administratifs, dans la chaleur accablante du climat équatorial, en outre dépourvu d’une bibliothèque sinologique suffisante, il réussit néanmoins à dissiper les ténèbres lui envelopaient la phonologie de l’ancien chinois. Dans deux articles 300précédemment parus dans la présente revue (Ancient Chinese Phonetics, daus T’oung Pao, Vol. VIII), il a jeté les fondements sur lesquels, plus tard, Mm. Karlgren et Maspero ont báti leur reconstuction de la phonologie chinoise ancienne.

Apres avoir rempli avec beaucoup de succès diverses fonctions dans le Service Civil, il retourna en Hollande, où il s’établit à La Haye. Sa modestie extrême le faisait hésiter il publier encore d’autres ouvrages sinologiques: il répondait aux protestations de ses amis que d’autres, plus jeunes, étaient mieux qualifiés que lui. Désormais il s’occupait d’études philosophiques, ce qui ne l’empéchait pas d’accueillir gracieusement tous ceux lui voulaient le consulter sur des questions sinologiques. C’est à La Haye que j’ai eu la fortune de lui être présenté, et de recevoir de lui les premiers eléments de la langue chinoise.

Les dernières années il souffrait d’une longue maladie, qui devait lui être fatale. En lui ses amis ont perdu un compagnon aimable et cordial, et la Hollande un administrateur habile et un grand savant.

 

Tokio, Légation des Pays-Bas